Les conditions de vie des Libanais se détériorent d’années en années

Voilà deux ans que nous sommes sans président de la République (depuis le 25 mai 2014). Les Responsables Libanais ne sont pas parvenus à désigner un nouveau chef de l’Etat. Le pays est pris dans les conflits régionaux et personne ne s’attend à ce qu’une élection puisse avoir lieu prochainement. Plus de deux million de réfugiés syriens ont élu domicile sur le territoire libanais sans compter les irakiens et les palestiniens. De plus, le Liban est directement impliqué dans la crise syrienne.

Le vide présidentiel prolongé s’est accompagné d’une paralysie des autres institutions de l’Etat. Le gouvernement est divisé et peine à faire passer projets de loi, budgets et nominations… Le Parlement ayant prorogé son mandat en 2014, les élections législatives ont été reportées : « Le vide au sommet de l’Etat a miné la capacité du Liban à relever les défis sécuritaires, économiques et sociaux croissants que connaît le pays,s’est inquiété lundi 25 mai 2015 le Bureau du coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban. Il a contribué à la polarisation politique du pays à un moment où le Liban doit faire un effort pour préserver le pays de l’impact de la crise syrienne. »

Le niveau de pauvreté des habitants s’aggrave

Dans un pays lent encore à se remettre de sa propre guerre civile et loin d’avoir réhabilité son infrastructure, « La présence de réfugiés a fortement accru l’offre de travail, poussant à la baisse les niveaux de salaires et à la hausse les taux de chômage – à près du double de leurs niveaux d’avant la crise selon les estimations de la Banque mondiale – en particulier chez les travailleurs non qualifiés dans les régions frontalières les plus pauvres, qui, par le hasard de la géographie, abritent le plus grand nombre de réfugiés. Les coûts sociaux qui en résultent sont dévastateurs avec l’ajout de 200 000 personnes aux 1 million de Libanais qui vivent déjà dans la pauvreté, aggravant leur marginalisation et leur précarité »En savoir plus

La Revue « Le Commerce du Levant » dans son édition du 05-05-2016  affirme que la pauvreté s’est aggravée avec l’afflux de réfugiés syriens. « Les revenus des ménages libanais les plus pauvres ont stagné ou baissé de 25 à 30% entre 2010 et 2016 ». Une situation déjà difficile mais qui va en s’aggravant avec l’arrivée massive de réfugiés syriens dans le pays, selon une étude menée conjointement par l’Institut Issam Fares et l’association internationale Oxfam. « 86% des réfugiés syriens et 65% des ménages les plus pauvres du Liban sont concentrés dans les mêmes municipalités », ce qui a affecté en profondeur leurs administrations publiques, leurs prestations sociales et l’organisation du marché du travail, explique Sarah el-Jamal, assistante-chercheuse à l’Institut Issam Farès.

Selon l’enquête menée dans les régions de Beyrouth, de Tripoli, du Akkar, de la Békaa et de Nabatiyé, les revenus annuels de ces ménages oscillent entre 4 000 dollars et 8 000 dollars qu’ils consacrent de 35% à 50% aux dépenses alimentaires, 20% aux dépenses médicales et seulement 15% pour l’éducation. La plupart de ces ménages sont surendettés et n’arrivent pas à subvenir à leurs simples besoins alimentaires. Certains vont même jusqu’à désinscrire leurs enfants des écoles, lit-on dans l’étude.

situation dramatique au liban enfant

Voilà plus de quatre ans que l’économie libanaise vit au rythme de la guerre en Syrie

Afflux de réfugiés, crise du tourisme, gel des investissements, creusement des déficits, … voilà plus de quatre ans que l’économie libanaise vit au rythme de la guerre en Syrie. Face au blocage actuel, les Libanais désenchantés, s’abandonnent à la résignation et au désintérêt.

La conjoncture actuelle du pays se répercute sur les Ecoles Catholiques et les parents se retrouvent devant un dilemme : soit retirer leurs enfants des écoles privées pour les mettre dans des écoles officielles gratuites – sans niveau ni éducation – soit les garder dans leur école en consentant à beaucoup de privations et en comptant sur des réductions que les écoles essaient de leur accorder suivant le cas de chaque famille. C’est grâce à la contribution d’associations, que nous arrivons à garder le plus longtemps possible ces élèves au collège.