«  Bicentenaire Porteur de Grâces… »

Avec ce chant qui a accompagné toutes nos célébrations et activités du Bicentenaire de la Congrégation, nous avons repris avec conviction, durant le camp, les valeurs enseignées par Sainte Emilie.

De ce grand jubilé, nous retenons cette fierté : « Appartenir à la Sainte Famille, avoir l’esprit de Jésus, de Marie et de Joseph, quel bonheur » !

Dans ce parcours, les pauvres n’ont pas été oubliés, eux qui sont si chers à Sainte Emilie et que Jésus appelle ses amis.

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Le projet d’un camp pour enfants défavorisés a fait très vite son chemin, dans le cœur de tant de donateurs… la solidarité a même « franchi les mers » comme du temps de Sainte Emilie, de Villefranche au Liban, signe que la Providence n’a pas de frontières et qu’elle nous devance quand il s’agit des pauvres.

Nos deux écoles de Fanar et de Jounieh, en tant que direction, parents et élèves, ont été plus que généreux. Ils ont répondu à l’appel, en défiant toutes nos attentes… Nous étions dans l’émerveillement et l’étonnement devant l’abondance de denrées alimentaires, d’habits, de jouets, de friandises, de produits d’hygiène personnelle, de draps de lits, serviettes, sacs à dos…etc.

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Les  Laïcs  Sainte Famille ont les premiers ouvert cette chaîne de solidarité, en mettant à la disposition du Camp leur récolte de la tombola de Noël. Un bon nombre s’est rendu disponible pour faire la cuisine du Camp tous les jours. Donner à manger pour plus de cent personnes, suppose du travail et de la fatigue. Mais les  Laïcs  Sainte Famille ont assuré ce service avec joie et gratuité. Ils ont incarné ces paroles de Jésus : « Tout ce que vous faites à l’un de ces  petits, c’est à moi que vous l’avez fait ».

Quant à la communauté de Bikfaya, c’est à elle que revenait l’aménagement des locaux : dortoirs, salles de bain, terrasse, matériel de cuisine… Tout était prêt le jour prévu, propre, avec une touche de beauté, qui a transformé les lieux pour les rendre plus accueillants.

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C’est autour du thème : « Au Camp Nous Sommes Venus, Devancés Par Jésus »  que toute la préparation a été faite, avec un point d’attention pour chaque jour, de manière à ce que les enfants puissent jouir de temps de prière, de réflexion, de partage en équipes, de jeux multiples, de détente, de bricolage et de sorties… les veillées et les moments de fête devaient être l’occasion pour les plus doués comme pour les timides, de faire valoir leurs talents de « petits artistes ». C’est le groupe de jeunes Sœurs et de moins jeunes qui a pris en charge la préparation du Camp : Programme, logistique, matériels, réunions, jeux …

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Avec tout cela, le menu des différents repas a été conçu selon le goût des enfants : Plats simples mais variés, de quoi exciter l’appétit des petits et des grands… C’est un groupe de  Laïcs  qui s’est chargé de prévoir le menu et la préparation des ingrédients et du matériel.

Pour encadrer les enfants durant le camp, nous avions fait appel à de jeunes volontaires des écoles de Fanar et Jounieh. Plus d’une vingtaine de Jeunes de la classe de seconde ont répondu à l’appel ainsi qu’un petit groupe, plus âgé, de responsables du Mej.  Ces jeunes ont été préparé à leur tâche durant deux jours prévus à l’avance au début du camp et avant l’arrivée des enfants, pour assurer la formation nécessaire et leur présenter les divers moments du camp, les réunions… Pour plusieurs d’entre eux, c’était leur première expérience de Camp. Aussi, leurs sentiments étaient partagés entre la peur et l’enthousiasme, mais pour tous, vivre ce Camp avec des enfants pauvres, c’est leur mission de jeunes Emiliens qu’ils veulent partager avec nous, Sœurs de la Sainte Famille.

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« A vos marques, prêts, partez … »

Ce 23 juillet 2016, Jeunes, Responsables et Sœurs, nous étions tous dans l’attente que sonne l’heure de l’accueil. Chacun a son poste, déterminé à faire réussir le Camp.

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Il était presque neuf heures du matin quand les autocars et les voitures commencent à faire leur apparition dans la cour de Bikfaya. D’un coup, les enfants ont rempli les lieux !!! . Les badges avec les prénoms nous facilitent l’identification des enfants et les étiquettes sur les bagages rassurent chacun d’eux que rien ne sera perdu de leurs affaires. L’angoisse de certains, le sourire timide des autres, quelques petites larmes chez les plus petits… tout cela est résolu grâce à l’accueil chaleureux des Jeunes. La ronde s’agrandit, on entame la danse et les chansons, et la confiance s’établit. Sur les visages se dessine un sourire et la joie éclate !!!

Les listes, jusque-là incomplètes, se précisent. Les soixante-cinq enfants sont tous au rendez-vous. Agés entre sept et quatorze ans, ils sont originaires de la Syrie, de l’Iraq, et du Liban. Ce qui les unit, c’est qu’ils sont tous refugiés avec des problèmes sociaux de tous genres : orphelins, instabilité du logement, promiscuité…

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Couronnés du drapeau de leurs pays respectifs, on applaudit les trois délégations. Chacun se sent reconnu dans son identité et accueilli dans sa spécificité. A cet instant même, les frontières sont abolies. La peur devant ce mélange de nationalités marquées par la violence et les guerres interminables… semble céder la place à la convivialité, au « vivre ensemble » en une seule famille. Pour nous c’était le grand défi à gérer avec les défis que les jeunes ont exprimés lors de la prière d’offrande du Camp : donner de la joie, créer un climat fraternel, aimer les plus difficiles, faire vivre aux enfants un Camp inoubliable. Nous avons réussi à vaincre en partie ces défis, ce qui a fait dire aux enfants que c’était le plus beau Camp. Nous démarrons avec huit équipes. Les foulards de différentes couleurs distinguent bien ce groupe hétérogène de culture et de traditions très différentes, mais l’harmonie commence à se vivre dans les ateliers qui représentent le folklore, les plats et les sites touristiques et culture de chaque pays. C’est la fierté du sens de l’appartenance qui s’éveille, tout en restant ouvert sur l’autre. Une belle expérience pour se connaitre mutuellement et vivre dans le respect des différences.

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Jésus étant le centre, les ateliers ont aidé les enfants à interpréter les textes d’Evangile d’une manière créative et profonde. La présentation nous a permis de vivre un temps fort de prière et de recueillement.

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Tout le long du Camp, les surprises n’ont pas manqué ainsi que la générosité de tant de personnes: jeux gonflables offerts par un couple Laïc Sainte Famille, veillée animée par le groupe missionnaire d’une paroisse avoisinante, repas au restaurant offert par la communauté de Bikfaya lors de la sortie. Tout pour un surplus de bonheur !!!

Nous ne pouvons passer sous silence, ces « personnes sentinelles » qui ont veillé nuit et jour au bien-être des enfants. Elles étaient attentives à rendre service d’une manière cachée. Ceux qui avaient besoin de quelque chose savaient vers qui aller pour demander une aide. Ceux qui passaient par des moments difficiles ou qui avaient la nostalgie des parents, c’est chez « Tino » qu’ils trouvaient le refuge et la consolation. Il accueillait toutes les détresses, et les cas les plus difficiles. Partout présent, il guettait le moindre besoin. Pour nous tous, il était une interpellation au don de soi gratuitement. Doigts de fée pour embellir les lieux, cœur de tendresse, c’était lui !!!

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« Un rêve devenu réalité ». C’était ça le Camp. Les enfants vont longtemps s’en souvenir.

Les Jeunes qui ont écouté la souffrance des enfants durant le partage sur leur vie, celle de leur parents, ou concernant leur maison laissée ou dévastée par « Daech » se souviennent de ces moments émouvants.

L’adieu était pénible pour tout le monde. Les larmes en disaient long. Après des jours heureux, ils repartent pour une réalité pas toujours facile à affronter pour des enfants. Mais, comme les disciples après la transfiguration, il leur fallait descendre et vivre leur quotidien.

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Si le Camp s’est terminé sans problèmes, sans incidents, c’est grâce à la prière de nos Sœurs de partout. Nous étions comme soutenus et soulevés par cette prière. Quant à la Providence, elle a, jusqu’au bout, travaillé. Les enfants, en partant, ont eu leurs sacs de provisions pour toute la famille. Et comme le miracle du pain et du poisson du temps de Jésus, le reste est partagé avec deux communautés de « Foi et Lumière » et avec l’association « bonheur du ciel » pour les émigrés.

Le Camp Sainte Famille a été béni. Nous pouvons être fières de notre Charisme qui nous met en lien avec les plus démunis et les plus pauvres de nos sociétés.

Que Sainte Emilie continue à veiller sur nous pour que la nouvelle étape après le bicentenaire porte des fruits de paix, de charité et d’espérance, dans notre vie et celle de nos frères.

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